Certes, on peut aisément résumer la fortaleza de Xàtiva à ses deux châteaux. Castell Menor d’une part puis Castel Major d’autre part. Cependant, ce serait négliger une grande partie du charme lié au château fort. Car, de l’Antiquité à l’époque médiévale sans oublier les temps plus récents, l’Histoire y a laissé des trésors.

Les jardins d'Ibn Hazm : un hommage à la période musulmane médiévale du château fort de Xàtiva

La Place d’Armes, l’accueil discret de la fortaleza de Xàtiva

Après la Porta Ferrissa mais avant Castell Menor, il existe à Xàtiva un recoin méconnu. Peut-être parce ses finitions sont récentes au regard des murs qui l’entourent. Et ce bien que sa construction ait été entreprise à l’époque musulmane. Peut-être aussi parce qu’il ne s’expose pas sur les hauteurs montagneuses comme les deux châteaux forts qui l’étreignent. Pourtant, c’est bien la Place d’Armes qui nous accueille à la fortaleza de Xàtiva. L’énergie des siècles passés nous pénètre beaucoup moins.

La place d'armes de la fortaleza de Xàtiva s'est réinventée au fil des siècles

Et pour cause, malgré l’ancienneté de son emplacement, la Place d’Armes se veut plutôt moderne. Probablement parce que la tour imaginée du temps d’Al-Andalus n’est plus. En effet, elle laisse place à une résidence dite néo-gothique du XXe siècle.

De l'antiquité à l'époque médiévale jusqu'à aujourd'hui, le château fort de Xàtiva a traversé les époques

Comme son nom l’indique, la fortaleza de Xàtiva fut le théâtre de nombreux conflits. Sa situation sur les cimes de la Serra Vernissa et de la Penya Roja, ses remparts, ses châteaux forts nous le rappellent sans cesse. Et ce bien que le charme de la pierre baigné par les rayons du soleil de Valencia nous le fasse oublier. Cependant, les canons disséminés ici et là nous montrent que les affrontements ont perduré jusque tard dans l’Histoire. Au XVIIIe siècle lors de la guerre de succession d’Espagne et même au XIXe siècle avec les guerres napoléoniennes.

C’est aussi ce qui fait la splendeur du château fort de Xàtiva : avoir traversé l’Histoire mouvementée de l’Espagne bien au-delà de l’époque médiévale.

Portes et remparts comme marques du temps qui passe

Toutefois, la Place d’Armes n’est pas la seule à “tricher” avec les époques. Après tout, la fameuse porte de Hannibal date bien du XVe siècle… Cependant, ce mélange des civilisations, des époques, des architectures associé à la nature environnante est une merveille pour le moindre objectif photo qui s’y aventurerait.

Murs antiques, remparts de l'époque médivale : la fortaleza de Xàtiva marie les architectures

En effet, les remparts sont les premiers à avoir subi les conflits de l’époque ibérique à l’indépendance. Il n’est donc pas étonnant de voir à travers eux les traces des différentes époques. Qu’elles soient romaines, musulmanes ou encore médiévales chrétiennes.

Mais au-delà des remparts, le château fort de Xàtiva se définit aussi à travers ses portes. Car elles ne sont pas si nombreuses. Certaines ont même été détruites comme celles précédent la Porta Ferrissa. D’autres se sont vues restaurées vers le XVe siècle comme la porte de Hannibal, la deuxième porte ou encore la porte de Santa Maria au sein de Castell Major.

Musulmane puis médiévale chrétienne, la porte de Santa Maria est un symbole de l'identité de la fortaleza de Xàtiva

Toutefois, l’histoire des portes de la fortaleza de Xàtiva ne s’arrête pas à la fin de l’époque médiévale. En effet, toujours à Castell Major, la porte de Socorro évoque la révolte des germanias au XVIe siècle. Quoiqu’il en soit, ces portes constituent de bons sujets photo. Car elles offrent un mélange de conceptions antiques (ibériques, romaines et carthaginoises) et plus récentes.

Un peu de poésie à Xàtiva avec le jardins d’Ibn Hazm

C’est indéniable, la fortaleza de Xàtiva est un monument culturel important de la communauté de Valencia. Ceci parce qu’elle constitue un témoin de l’Histoire espagnole et des figures qui s’y sont arrêtées. Cependant, cette Histoire et ces personnalités ne se limitent pas au champ militaire. Et ce même si, encore une fois, la trace de leur passage “triche” un peu avec les époques. C’est le cas, par exemple, du poète andalou Ibn Hazm. Celui-ci a été exilé à Xàtiva au XIe siècle. C’est d’ailleurs là qu’il aurait écrit son traité sur l’amour. Pourtant, c’est bien plus récemment que furent érigés les jardins qui portent son nom à Castell Major.

Au sein de la fortaleza de Xàtiva, les jardins d'Ibn Hazm sont un hymne au patrimoine de la région de Valencia

Rien à voir avec la poésie à proprement parler. L’objectif de ces jardins est surtout de proposer un panorama de la faune et la flore présente dans la région de Valencia. Ainsi, la végétation variée se déploie autour d’une fontaine d’inspiration orientale. Une sorte de poésie au sens figuré, donc… Car oui, dans la droite lignée de la forteresse, les jardins d’Ibn Hazm proposent eux aussi un savant mélange. À ceci près que celui-ci se porte au niveau de nos sens avec cette association d’une flore immuable mais variée à l’architecture d’un peuple parti depuis bien longtemps.

Une architecture médiévale musulmane, une végétation immuable, Xàtiva est un résumé du temps qui passe à Valencia

Ainsi, si la fortaleza de Xàtiva est un petit paradis pour les aficionados de photo, ce n’est pas seulement pour ses architectures multiples. Ce n’est pas non plus seulement pour les vues offertes sur la nature environnante. Non. C’est justement parce que tout s’y mêle. Faune, flore, pierre, architectures, époques… Mais si chacune d’entre elles a sa particularité, le château fort de Xàtiva se rend unique en les associant de façon harmonieuse. C’est pourquoi il ne vole pas sa réputation de joyau au coeur de la communauté de Valencia.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest

Je vous suggère d' aller faire un tour sur la boutique:

Les photos de cet article ont été réalisées lors de(s) projet(s) suivant(s) :

Dommage, il n' y a pas de projet lié

Si vous désirez voir plus de photos sur le même thème, je vous suggère le(s) album(s) photo(s) suivant(s):

Dommage, il n' y a pas d' album photo lié