Ou mes aventures au studio Baxton

J’ ignore ce qu’ il m’ a pris ce jour là, ou, plutôt, je ne le sais que trop bien: l’ aventure du collodion humide, ou wet plate pour nos amis anglophones, me tentait vraiment trop.
J’avais donc pris rendez-vous avec Nicolas, le maître des lieux, pour une séance portrait tout à fait inhabituelle, parce que nécessitant des rites presqu’ oubliés: une « plaque photographique », sensibilisée peu avant, une chambre technique datant de mathusalem ou presque, une optique de la même époque pour magnifier ce rendu si particulier d’ une photo fourmillant de détails.
Et puis, surtout la pose « ok, maintenant tu cesses de bouger et de respirer pendant cinq secondes! », typique de la fin du dix neuvième siècle, soit presque la préhistoire, au moins l’ antiquité, de la photographie.

Le studio Baxton, son histoire, en deux mots

Cela fait des années que je connais le studio photo Baxton dédié au portrait au collodion humide, j’ avais même imaginé une cession avec modèle, façon trash, déjantée, mais devant les budgets nécessaires j’ avais reculé.

Le magasin et l’ espace d’ exposition

Entre-temps, ce lieu s’ est agrandi: au studio, au fond d’ un couloir, un magasin et un espace d’ exposition, en front de rue, sont venus s’ ajouter.
L’ ensemble est dédié à la photographie dite “argentique”ou “analogique”, ce qui signifie de la bonne vieille pellicule, jusqu’ aux procédés alternatifs, donc tout ce qui fait une image avec un procédé lié à la lumière en passant par son cheval de bataille, la photographie au collodion humide.

Le magasin en lui-même annonce la couleur: vous y trouverez toutes sortes d’ appareils photos anciens, les plus âgés ayant probablement un petit trois quart de siècle, mais également un des derniers stocks de pellicules de Bruxelles.

L’ espace d’ exposition accueille des photographes non conventionnels, se servant de techniques plus ou moins anciennes comme moyen d’ expression.

Le studio pour le portrait photographique à l’ ancienne

Si vous avez la chance d’ être admis dans le saint des saints, le studio, attendez vous à un décor tout à l’ opposé d’ un musée: les chambres techniques et optiques utilisées pour le travail de portrait y auraient très probablement leur place, mais, ici, c’ est un joyeux désordre qui accueille le visiteur: normal, c’ est avant tout un espace de travail, mélangeant savamment l’ ancien, l’ appareil photo, et le moderne, la lumière des flash et lampes led.

Mon idée pour mes portraits au collodion humide

Je voulais deux poses: une en trois quart, rapière en main, et un portrait plus classique.
Vous avez bien lu, une rapière.
Si vous suivez mon travail, vous avez dû vous rendre compte que je me suis infiltré dans quelques évènements à tendance médiévale et, étant ce que je suis, je me suis décidé à apprendre le maniement des épées d’ époque au sein d’ un club AMHE. Façon Verdadera Destreza: Bruselas Destreza.
J’ avais remarqué que le meilleur moyen de passer inaperçu dans ce genre de rassemblement était de me créer mon costume.
Donc, j’ ai une tenue façon renaissance, chapeau compris.

Apparement, cela n’ a pas perturbé Nicolas, même ma rapière dégainée et pointée sur son objectif ne l’ a pas intimidé. Il faut dire que, vu sa taille, sa chambre technique formait un solide bouclier.

Le portrait, sa mise en place et le laboratoire de développement

Lorsque je suis arrivé, Nicolas m’ a dit qu’ il avait déjà tout préparé, mais… il n’ avait pas prévu l’ encombrement de ma rapière alliée à la main gauche, sorte de dague. Il a donc fallu réorganiser l’ espace, changer d’ objectif et soigneusement calculer la position de mes mains: non seulement elles devaient être nettes, en plus de mon visage, ce qui n’ a rien de simple avec ces vieilles optiques, mais, en plus, éviter de projeter une ombre disgracieuse sur celui-ci.

Je m’ attendais à une durée de prise de vues bien plus longue: la première fois dont nous avions parlé de cette idée, il m’ avait dit “comptes sur une après-midi bien complète”, mais pour trois plaques. En fait elle a duré une heure, le reste du temps étant dédié au lavage et au séchage.
Cependant, il paraît que j’ ai eu la chance, les dieux, les astres et les conditions météo s’ étant parfaitement alignés pour faciliter le travail.

Quant à la durée de la pose, malgré l’ éclairage moderne, elle a été de cinq secondes, ce qui, finalement n’ est pas trop compliqué à tenir.

Parlons un peu du collodion humide

C’ est le summum de la technologie photo de la seconde moitié du dix neuvième siècle.
Il ne faut pas oublier que cette technique est très particulière: elle nécessite de préparer une substance sensible à la lumière, déposée sur une plaque, aluminium ou verre, peu avant la prise de vue qui doit être réalisée avant qu’ elle ne sèche, sinon ses propriétés photosensibles disparaissent.
A cela, il faut ajouter une procédure de développement nécessitant pas mal de doigté avec une chimie sensible à la température, une surface photo originale de 13×18, donc avec un risque de dépôt de poussière entre la sensibilisation et l’ insolation (oui, bon, parfois je connais les termes du métier). Vous comprendrez donc que, réussir du premier coup, tient parfois de la chance, avec une bonne dose d’ expérience.

Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, voici un article de wikipedia qui vous explique ce qu’ est le collodion humide


Je suis donc l’ heureux propriétaire de deux plaques créées au studio Baxton, deux originaux en positif, qu’ il me va falloir soigneusement protéger contre la poussière et les traces de doigt.
Ce n’ est pas gagné.

Un regard dans les coulisses du studio Baxton

Ce jour là, il y avait une photographe supplémentaire dans le studio photo. Comme je la voyais jouer avec son boitier, j’ ai pensé à lui demander de m’ en envoyer de façon à illustrer plus largement cet après midi et montrer le type de matériel utilisé.

En attente de la fin des réglages. Studio Baxton
Dépoli de la chambre technique utilisée par Nicolas. Studio Baxton
Le studion Baxton au travail

Mes vêtements et armes

Ma veste est une fabrication personnelle
Ma chemise et mon pantalon ont été réalisés par Blackmoon creation
Mon chapeau a été réalisé par la modiste Gillis.
Ma rapière est une reproduction d’ une rapière nommée « Gustav », d’ après un roi l’ ayant utilisée. Elle provient, tout comme ma main gauche, de chez The Time seller

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