Espagne, le sud

L’Espagne du sud, celle que je traverse avec mon appareil photo, n’est pas seulement un territoire : c’est une lumière.
Une lumière qui efface les contours, qui rend les murs plus clairs que le ciel, et fait danser les ombres sur la pierre.
C’est là que commence ce voyage — entre la mer et la chaleur, dans un espace où la photographie devient une manière de respirer.

De Valencia à Alicante, chaque lieu semble habité par le même éclat, mais aussi par une gravité tranquille.
Les villes se succèdent sans se ressembler : Valence et ses fêtes flamboyantes, ses parcs silencieux, ses reflets d’eau ; Alicante, perchée entre la forteresse et la mer, tendue entre la pierre et le bleu.
Partout, la lumière circule, s’impose, dessine.
Le sud ne se montre pas : il s’offre à celui qui sait attendre.

Je marche souvent sans but précis, guidé par le hasard d’une ruelle, la rumeur d’une place, un éclat de couleur sur un mur.
La photographie devient ici un langage simple — un moyen de retenir la respiration du jour.
Chaque image naît d’un équilibre fragile : celui de la chaleur et du silence, du plein soleil et de l’ombre qui le contrebalance.
Le sud espagnol est fait de cette tension permanente, à la fois dure et douce, précise et mouvante.

Sous cette lumière, tout semble à la fois présent et déjà souvenir.
Les visages croisés, les murs blanchis, les reflets de la mer deviennent fragments d’un temps suspendu.
Photographier ici, c’est apprendre à voir l’évidence : celle du monde tel qu’il est, sans décor, sans attente, simplement offert à la clarté.

« Espagne, le sud » n’est pas une carte : c’est un souffle.
Une suite de regards posés sur la mer, les villes et les ombres qui les traversent.
Un espace de lumière, à la fois rude et apaisant, où chaque pas est déjà une image.

Valencia — La vieille ville

Dans les ruelles de la vieille ville, la lumière glisse sur la pierre et découpe le jour en éclats.
Valencia y révèle un rythme intérieur fait d’ombre et de silence, jusqu’au moment où les Fallas bouleversent l’ordre des rues.
Le feu, la couleur et le bruit transforment alors la matière même de la ville, avant que le calme ne revienne.
Un regard photographique sur un espace ancien où le temps, la lumière et la mémoire se répondent.

Valencia — Les plages désertes

Au terme du parcours, les plages de Valencia s’étendent dans une clarté presque immobile.
En plein mois d’août, le vent souffle sur un rivage presque vide : une cabine blanche, deux sauveteurs sans baigneurs, quelques vacanciers dispersés.
La lumière éblouit, le silence domine, la mer respire lentement.
Un regard photographique sur la simplicité du monde, là où tout se résume au sable, au vent et à la lumière.