Eaux et Reflets

L’eau est un miroir du monde.
Elle ne montre jamais directement les choses : elle les transforme, les déforme, les prolonge.
Sous ce titre, Eaux et reflets, se rassemblent les lieux où la lumière trouve un second visage — celui de son passage sur la surface mouvante des rivières, des ports, des lagunes ou des bassins.

Photographier l’eau, c’est photographier le temps.
Chaque instant y devient différent : la même image, une seconde plus tard, n’existe plus.
Le vent, la lumière, la densité de l’air modifient sans cesse le dessin du reflet.
Dans ces variations, la photographie retrouve sa nature première : un art du moment.
Ce n’est pas le paysage qui compte, mais ce qu’il laisse apparaître dans son double tremblé.

Les reflets créent un espace entre réel et abstraction.
Un bâtiment devient trait, un arbre devient tache, un ciel devient vibration.
La composition se renverse : le haut devient bas, le solide devient fluide.
Chaque image est à la fois observation et interprétation.
Ce qui se reflète n’est plus seulement une chose, mais une émotion, une trace de lumière.

Ces eaux et reflets traversent des lieux multiples : la lagune de l’Albufera à Valencia, les ports calmes d’Alicante, les bassins d’un parc, les rivières d’un paysage plus intérieur.
Tous partagent une même respiration : le silence du mouvement.
Rien n’y est figé, tout y glisse, lentement, à la surface du monde.

Photographier l’eau, c’est apprendre à attendre.
Regarder, sans rien forcer, jusqu’à ce que la lumière trouve d’elle-même son équilibre.
Ce qui naît alors, c’est un instant fragile, suspendu entre le visible et son reflet : l’image d’un monde qui se regarde passer.

Lisbonne, le Tage

Lisbonne, le long du Tage

Le Tage n’est pas qu’un fleuve : c’est la lumière en mouvement.
De Cais do Sodré à Belém, il accompagne le promeneur, reflète la ville, transforme le temps.
Chaque pas révèle une variation, chaque reflet un nouvel instant.
Entre eau, vent et pierre, la photographie devient un dialogue avec le passage.

La marina d’ Alicante en couleur

Au pied de la ville, la marina d’Alicante s’étend dans la lumière.
Les pontons, les coques et les reflets composent une géométrie silencieuse où tout semble immobile.
La mer, d’un bleu intense, renvoie l’éclat du ciel et la clarté des quais.
Peu de mouvement, peu de voix — seulement la lumière, le vent et les ombres nettes.
Un regard photographique sur la simplicité lumineuse du port méditerranéen.

La marina d’Alicante en noir et blanc

En noir et blanc, la marina d’Alicante devient un lieu de silence et de lumière.
Les bateaux, les pontons et les reflets se réduisent à des lignes, des formes, des contrastes.
L’eau n’est plus couleur, mais respiration.
Chaque image capte l’équilibre entre le plein et le vide, la pierre et la mer.
Un regard photographique sur la clarté méditerranéenne mise à nu.

Valencia — Le Parc de l’Albufera

Au sud de Valencia, l’Albufera s’étend comme un miroir sans fin où se confondent le ciel, l’eau et le vent.
La lumière s’y déplace lentement, glissant sur les rizières et les plans d’eau.
Au bout de la route, quelques maisons et des barques immobiles marquent la fin du parc, là où l’horizon se resserre.
Un regard photographique sur un paysage d’équilibre et de silence, où la lumière devient matière et le vent, mémoire du lieu.

Valencia — La Cité des Arts et des Sciences

Au terme du Jardin del Turia, la Cité des Arts et des Sciences déploie ses lignes blanches et ses reflets bleus.
Architecture, eau et lumière y forment un dialogue continu : tout bouge, tout se répète, tout se transforme.
Photographier ce lieu, c’est suivre le mouvement de la symétrie et le souffle du ciel.
Un espace à part, où la géométrie devient poème et la clarté, matière.
Valencia s’y contemple comme dans un miroir, entre futur et silence.