La ville de Valencia

Mon premier contact avec Valencia a été comme une forme d’ exploration d’ une terre inconnue: mon maître d’ armes m’ en avait certes parlé, mais il avait surtout conté sa douceur de vivre et les évènement saillants qui ont lieu au cours de l’ année.
Cette ville semble très récente alors qu’ elle est très ancienne, puisqu’ il reste des traces de l’ occupation Romaine.
La vieille ville, quoi que bien conservée, est très petite en comparaison de la ville moderne. De plus, elle est située très à l’ intérieur des terres.

La première chose qui m’ a marqué en sortant du métro venant de l’ aéroport, est la modernité de très nombreux bâtiments, des petits buildings de quatre à huit étages, alignés le long de rues tracées au cordeau. La presque totalité des nouveaux quartiers sont bâtis sur un plan parfaitement à angle droit, ce qui fait que si vous êtes sur la mauvaise rue, vous pouvez largement dépasser votre objectif sans vous en rendre compte. Ayant posé la question, on m’ a dit que la plupart de ces quartiers ont commencé à être construits dans les années cinquante. Mais il est facile de trouver des zones de maisons nettement plus anciennes, certaines probablement des maisons de pêcheurs ou d’ ouvriers agricoles, d’ autres nettement plus bourgeoise, trace d’ anciens villages bordant la ville ancienne et aujourd’ hui englouti par la métropole moderne qui, elle, s’ étend jusqu’ en bord de mer.
La deuxième chose surprenante est le nombre de petites zones vertes, petits parcs aménagés de bancs situés entre des blocs de buildings et dont je n’ ai pas vraiment compris l’ utilité, moi, homme du nord, des brumes et frimas, où même l’ été la température dépasse rarement les vingt-cinq degrés, et ne les atteints que les bons jours. Et pourtant, la raison en très très simple lorsqu’ on sait, qu’ ici, à Valencia, la température en été fleurte allégrement avec les trente degrés à l’ ombre en été. Ils permettent aux habitants de sortir s’ aérer lors des journées les plus chaudes.

A l’ origine, la ville a été construite sur une île du fleuve Turia, dans une plaine en bordure de mer. Ce qui ne va pas sans certains inconvénients. Certes, pour ceux qui ont élévés ces premières constructions, cette position avait l’ avantage d’ être facile à défendre, mais la ville moderne s’ étant très vite étendue dans cette plaine, de très fortes précipitations ont valu à Valencia une très grave inondation dans les années cinquante et au fleuve, détourné, d’ être remplacé par un très long jardin, grande ligne verte, au propre comme au figuré (voir google map), qui entoure toute une partie de la vieille ville.
Il est enjambé par des ponts, certains très modernes, d’ autres à l’ aspect très ancien, parfois surplombés de statues qui sont là comme pour saluer le passant ou rappeller quelque figure de la très Catholique Espagne.
Quelques bassins sont là comme pour rappeller l’ origine de ce lieu.

Ce jardin se termine à proximité de la mer par une sorte d’ OVNI architectural qu’ est la cité des arts et des sciences, dont l’ entrée semble gardée par un Neptune moderne tout d’ acier dans son bassin personnel.
Cet endroit est visible de loin car complété, visuellement, par un pont qui est une sorte de point d’ appel visuel par sa structure portante en forme de harpe pour géant, ou plus exactement à la taille de Guliver, puisque c’ est dans cette ville qu’ il a son parc. Il a pour voisin le tout aussi futuristique institut océanique, tout en hauteur et complétant le pont. Dont le voisin est une minuscule, en comparaison, maison semblant toute droite sortie de l’ époque Romaine.
La cité des science et des arts ressemble à une sorte de vaisseau spatial ayant amerri en bord de mer, ses formes géométriques complexes se reflétant dans des plans d’ eau peu profonds, des espèces de petits bassin où barboter.
Ses couleurs blanches, ocres, bleues et vertes sont faites pour se fondre dans un ciel rarement d’ une autre couleur que bleu.
Ce site a été très souvent photographié, souvent de nuit, alors j’ ai préféré la lumière du début de l’ après midi, pour des ombres courtes et tranchantes.

Lors de mes promenades dans la vielle ville, je me suis laissé guider par mes pas, par mes yeux qui se fixaient parfois sur un bâtiment éloigné qui me donnait un azimut vers lequel me diriger, vers un point de lumière au bout d’ une ruelle ombragée, vers un objet qui m’ intriguait, vers un virage qui me semblait prometteur.
Vous l’ aurez compris, ici point de longues lignes droites, juste des rues qui se sont formées suivant les aléas de la vie d’ une ville, sans qu’ une main directritrice à la Hausman vienne n’ y mettre son grain de sel. Ici, j’ ai cherché à opposer l’ ombre à la lumière, à cacher et à révéler, à montrer un détail, un jeu de matières, que j’ espère être le seul avoir vu.
Les rares humains qui y figurent ne sont là que comme des « marqueurs d’ espace », pour donner une échelle de profondeur et de hauteur: ils auraient tout aussi bien pu être d’ une tout autre époque, d’ un tout autre monde.