Monika

Le jour était enfin arrivé: je troquais pour quelques heures ma casquette de photographe de reportage pour celle de photographe de modèles.

La neige m’ avait, jusque là, apporté de nombreuses et superbes images de cette ville.

Cette journée allait-elle m’ apporter autant de satisfactions? Elle avait été soigneusement préparée par de nombreux mails pour choisir le modèle, la maquilleuse. Ensuite par une première entrevue avec Dan, afin de se connaître car, si c’ est moi qui shooterai, ce sera son organisation. Et enfin une rapide visite de sa part afin de visualiser l’ appartement qui devait servir de décor.
Neuf heure, il est temps d’ allumer mon gsm et de finir de me réveiller, de préparer de quoi acceuillir mes hôtes pour la journée. Tiens un message. La neige me joue son premier tour: le modèle sera fortement en retard. Je propose de maintenir le programme en le retardant. Une rapide conférence est organisée dans un café des environs, en compagnie de la maquilleuse.
Plus de nouvelles du modèle. La tension monte. Je les laisse réfléchir à une solution et Milly me suggère un modèle habitant la ville même et probablement disponible.
Presque midi. Nous sommes tous réunis, dans cet espace qui me servira de studio. J’ ai fait la connaissance de Monika à peine une demi heure plus tôt, à sa descente du tram. Milly s’ active à préparer le maquillage et le matériel s’ entasse dans l’ entrée. Dan n’ a pas lésiné sur les moyens. Ma seule contrainte: Monika doit impérativement nous quitter pour 19h, mais tout se passera bien, je le sens. Avec cette équipe visiblement bien rôdée, j’ aurai tout le temps nécessaire pour réaliser les images que j’ ai en tête.
Dix neuf heure. Monika nous quitte, mes films sont épuisés, nous aussi, et, petit à petit, au fil des heures, le petit grain de folie que j’ espérais s’ est insinué dans la séance. Pour les derniers films, ce n’ est plus un modèle que j’ ai en face de moi, mais une véritable actrice.