La Bonne Mère, à Marseille

La Bonne Mère, j’ y suis arrivé par un petit chemin de chèvre, ou presque, la faisant ressembler, de loin,à une forteresse.

Elle porte bien son nom officiel: Notre Dame De La Garde.

Vue de plus près, elle a, effectivement, tout d’ une forteresse: murailles, remparts,  pont-levis en hauteur, des tours de guet.
Etant là d’ abord pour le paysage, je ne me suis pas trop attardé à cet aspect du lieu et me suis dépêché de grimper sur sa plus haute terrasse, pour faire ce pour quoi j’ étais venu: photographier Marseille de haut.
Mais ses murs épais, une hauteur de muraille de plusieurs étages, un chemin étroit fait d’ escaliers faciles à défendre, des accès, à hauteur de parking, limités et semblables à des poternes, ce fameux pont-levis, tout cela évoquait bien un sanctuaire, mais bien plus dans le style citadelle, une forteresse médiévale, tout le contraire d’ une église dédiée aux marins, vivants, sauvés des flots, ou disparus en mer. Pour la découvrir, il faut non seulement franchir ce fameux pont, entrer sur l’ esplanade et passer deux massives portes en chêne, de celui dont ont fait l’ ultime défense, cette mince séparation entre l’ ennemi qui gronde à sa porte, et le donjon, habitation du maître de céans.
Même si, ici, il s’ agit d’ une Maîtresse. Celle que les Marseillais ont nommé « La Bonne Mère », celle à qui sont confiés les marins, si j’ en crois les plaque votives, depuis seulement près d’ un siècle et demi. Parce que cette église dont l’ intérieur  a tout d’ une cathédrale, a ses murs couverts de celles-ci, les dernières étant datées d’ années étonnamment proche de nous. En moins grand nombre, certes, mais elles sont bien là.

Une Cathédrale Gothique dans un corps résolument moderne.

Cette église à l’ extérieur  résolument moderne, que sont un peu moins de cent cinquante ans par rapport à l’ histoire de la Chrétienté, par rapport à l’ âge des premières cathédrales?, car une fois sur place, tout indique des méthodes de construction presqu’ actuelles, recèle encore une surprise: une fois à l’ intérieur, c’ est un nouveau choc. Nous sommes transportés dans un autre siècle, pas l’ avant dernier, mais  à peine quelques centaines d’ années plus tôt, à l’ époque des cathédrales gothiques richement décorées, où la moindre surface est utilisée pour montrer le talent des artistes anonymes qui en ont fait cette oeuvre d’ art.

Une somme de contrastes

Qui vous laissent quelque peu perplexe.
Dans un premier temps, de loin, une citadelle médiévale. Ensuite, la citadelle, par son côté imposant, se fait forteresse, toujours moyen-âgeuse. Une fois sur l’ esplanade entourant ce qui finalement s’ est avéré être une église, le visiteur découvre un bâtiment fait de matériaux plus modernes. Mais en y entrant, retour vers le passé, plutôt la haut moyen-âge, début de la renaissance. Avec une touche de Byzantin.
Et si une plaque commémorative n’ officialisait pas la date de son inauguration, je me serais posé des questions.

Même s’ il m’ en reste une.

Avant cette construction, avant même que ses constructeurs ne soient nés, n’ y eut-il pas, sur ce sommet qui domine et contrôle la ville, une véritable forteresse où régnait en maître le seigneur de « Marsilia ».
Que c’ est-il passé sur ce sommet depuis l’ antiqué ou, la plus récente, l’ Occitane Marselha?

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