Inspiration

De ce que je puis dire de mon travail est assez simple: j’ ai appris la photo à une époque où, travailler en noir et blanc, était ce qui était le plus économique. Je n’ utilisais donc les films couleurs que pour des commandes, ou lorsque le sujet était un sujet typiquement couleur.

J’ ai donc appris à exploiter les différents films noir et blancs disponibles en fonction de mes besoins, avant de limiter ceux-ci à une un petit nombre, tout en apprenant à les développer et à les tirer de façon à obtenir les ambiances que je recherchais.

D’ un autre côté, les images que j’ aimais produire, ont évolué au fil du temps: de la photo de paysage et de reportage, qui chacune ont leur importance, car l’ une donne le sens de la composition et de la lumière, et l’ autre celui du moment idéal, j’ ai évolué vers la photo de modèle.

Ces débuts, qui ont duré quelques années, m’ ont appris à préparer mentalement mes images et, petit à petit, je suis devenu un photographe de modèles. Et j’ insiste sur le terme “modèles”. Mon idée n’ est ni de faire de la photo de mode, ni de charme, au sens habituellement donné, par la langue française, à ce terme.

J’ ai, depuis toujours, été impressionné, ce qui est un minimum pour un photographe, par le côté sensuel des photos de la grande époque “Hollywoodienne”. A la fois de par la qualité des photos des affiches, mais aussi de par l’ éclairages de la photographie de ces films. Si vous avez envie d’ en savoir plus regardez “Casablanca”.
Plus récemment, Truffaut a filmé un polar entièrement en noir et blanc. Choix artistique et provocateur. (relativement récemment car ce film doit dater des années 90) Seriez-vous surpris si je vous disais que le studio “Harcourt” est ce qu’ il se fait de mieux en matière de portrait à la Française? Même s’ ils ont fini par succomber aux sirènes du numérique.

Et côté photographes, mes sources d’ inspiration vont du côté de Jean Loup Sieff, pour ses ambiances, Jonvelle,
pour son regard intimiste et Helmut Newton pour ses audaces et sa provocation.
Mon utilisation du film noir et blanc est devenu en quelque sorte ma signature, une sorte de réaction au numérique, qui, s’ il a bien des avantages, a, à mes yeux un défaut presque rédhibitoire: les images qu’ il délivre sont trop lisses, trop homogènes, trop parfaites.