Histoire d’ une journée

Cette histoire d’ une journée pas comme les autres commence par le traditionnel « il était une fois ». Et contrairement aux histoires classiques, la belle, très belle héroïne est heureuse, très heureuse. C’ est normal: la vie lui sourit, elle est belle (je sais, je me répète), les hommes se retournent sur son passage, elle croque la vie à pleine dents, les autres femmes sont jalouses (d’ accord, cela fait cliché, mais n’ est-ce pas le cas dans toutes les histoires, qu’ elles soient à l’ eau de rose ou des contes horribles), toujours prête pour une nouvelle aventure. Heureuse je vous dit. En êtes vous convaincu?
La raison? Distrait suis-je. J’ avais oublié de vous en parler. Il a quelques temps, elle a rencontré l’ homme de sa vie. Les autres étaient des erreur de casting, mais cette fois-ci elle est sûre, très sûre d’ elle. D’ ailleurs s’ est préparée dès le petit déjeuner. Celui-ci est pris dans la bonne humeur, un rien coquine, un rien nerveuse. Pour lui, elle veut être la plus belle pour une danse très, très, privée, et y pense farouchement.
Tout en prenant son petit déjeuner, elle imagine la scène: comment va-elle le recevoir, comment va-t-elle le séduire, lui tourner la tête au point d’ en oublier ses projets pour la journée. Mais de qui est-ce que je parle ainsi? Je suppose que vous avez deviné: son futur amant. D’ accord futur peu paraître bizarre au petit déjeuner, mais si elle, elle le sait, le veut, lui l’ ignore encore. Cruelle ignorance.

Le temps passe et elle se rend compte qu’ elle s’ est levée bien tôt, pour un rendez-vous un peu avant midi. Il doit passer la chercher pour aller dîner. Elle a décidé de rester dans son appartement et de dîner d’ amour et d’ eau fraîche. Le temps lui paraît bien long et elle commence à penser qu’ une beauté naturelle, c’ est bien beau, mais qu’ un rien de sophistication ne ferait pas de mal. Elle plonge dans son armoire lingerie (oui, oui, je l’ ai vue, un vrai magasin). En ressort avec une adorable nuisette et une paire de bas. Va se rassoir. Il est encore trop tôt. Elle renforce son maquillage.

Le temps a passé mais pas assez vite. S’ installe confortablement. Prends un magazine en espérant que le temps va accélérer. Finit par se servir un verre, en espérant que les bulles l’ aideront. Midi est loin derrière.
Elle change de tenue, moins transparente, mais plus provocante. Espère le faire venir. Retouche encore son maquillage. S’ installe dans la chambre. Va rechercher son verre.
Et soudain, les larmes: l’ après midi touche à sa fin et il n’ est pas venu.