Aéroport au retour.

J’ étais arrivé bien trop tôt, à cela deux raisons: mon taxi était arrivé un poil en avance, j’ avais surestimé le temps du trajet, et l’ aéroport de Prague n’ est pas celui de Zaventem: il y a moins de monde et ces foutus contrôles de sécurités sont donc plus rapides à passer. Il y a aussi moins de kilomètres de couloirs à parcourir. Vive la télé-transportation et Monsieur Spock.

Je sais, il y en a plus de deux. Mais j’ aime les longues descriptions, du moins lorsque j’ écrit. J’ ai toujours peur que vous soyez en manque, alors, j’ en rajoute.

Donc, j’ avais, devant moi, du temps à assassiner.

Ne savais trop que faire.

Déformation professionnelle, je n’ en sais rien. Peut-être que le coiffeur ou le jardinier, dans la même situation, sort sa tondeuse et s’ en va tondre sa plus proche voisine. Il y a généralement plus de travail que pour le voisin.

Toujours est-il que j’ ai voulu sortir mon outil de travail, avant de me rappeler qu’ il n’ était pas vraiment discret dans ce genre de circonstances et qu’ il ne me restait plus que deux touts petits pourcents d’ autonomie.

Vive le matériel moderne, qui vous abandonne à l’ instant où vous en auriez le plus besoin, pour vous soutenir le moral.

J’ ai cogité.

Et une lumière a surgi au bout des ténèbres du tunnel.

Ma Bestiole!

Pardon, vous qui n’ êtes pas un intime, ne pouvez savoir quel petit nom je lui ai donné, je veux parler de mon jouet informatique transportable.

Donc, j’ ai sorti bestiole, ai fait semblant de travailler, puis de somnoler, l’ ai orienté de façon peu orthodoxe et appuyait de temps à autre sur « enter ». L’ intéressant, dans l’ histoire, est que le résultat était toujours un tantinet aléatoire. Afin de donner le temps à celui qui est devant la webcam de prendre la pose la plus avantageuse, il s’ écoulent trois longues, mortelles secondes. Cela a l’ avantage de mieux tuer le temps. Mais rends toute prévision caduque.

Et donc, lorsqu’ il s’ enmerde, un photographe fait des photos avec le premier truc qui lui tombe sous la main, tant que ce truc permet d’ enregistrer ne fût-ce qu’ un soupçon de lumière (ce qui est intéressant puisque je parle de tuer le temps).

Ensuite, un peu de post-production vite faite, et, si les responsables des aéroports n’ étaient pasz aussi radins, vous auriez vu ces photos bien avant que mon aéronef ne se posât à Bruxelles National (zut, me suis encore trompé d’ époque).